Au bout de la patience, il y a le ciel.
Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef.
Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.
Celui qui doit vivre survit même si tu l'écrases dans un mortier.
Celui qui est impatient d'avoir un enfant épousera une femme enceinte.
Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles.
Celui qui t'empêche de te battre, donne-lui une récompense.
Ce qui est plus fort que l'éléphant, c'est la brousse.
Ce sont ceux qui ont peu de larmes qui pleurent vite le défunt.
C'est au bout de la vieille corde qu'on tisse la nouvelle.
C'est celui dont tu as soigné l'impuissance qui te prend ta femme.
C'est celui qui n'a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n'est pas plaisant.
C'est en essayant encore et encore que le singe apprend à bondir.
C'est souvent l'homme pour qui tu es allé puiser l'eau dans la rivière qui a excité le léopard contre toi.
Chaque marigot a son crocodile.
Dans un pouvoir despotique, la main lie le pied ; dans une démocratie, c'est le pied qui lie la main.
Homme, bois de l'eau pour te rendre beau. Gave-toi de soleil pour te rendre fort. Et regarde le ciel pour devenir grand.
Il n'y a pas de mauvais roi mais de mauvais courtisans.
Il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte dans la paix et l'amitié.
Il n'y a pas qu'un jour, demain aussi le soleil brillera.
Jette un os au chien méchant pour l'empêcher de te mordre.
La buse qui plane ne se doute pas que ceux qui sont en bas devinent ses intentions.
La chèvre morte est un malheur pour le propriétaire de la chèvre ; mais que la tête de la chèvre soit mise dans la marmite n'est un malheur que pour la chèvre elle-même.
La civette dépose ses ordures, à la source où elle a bu.
La femme est la ceinture qui tient le pantalon de l'homme.
La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche.
La mort engloutit l'homme, elle n'engloutit pas son nom et sa réputation.
La mort est l'aînée, la vie sa cadette ; nous, humains, avons tort d'opposer la mort à la vie.
La mort est un vêtement que tout le monde portera.
La nuit dure longtemps mais le jour finit par arriver.
Là où on s'aime, il ne fait jamais nuit.
La persévérance est un talisman pour la vie.
La plume de l'oiseau s'envole en l'air mais elle termine à terre.
La Terre n'a qu'un Soleil.
La vache qui reste longtemps en place, s'éloigne avec une fléchette.
Le cadavre d'un oiseau ne pourrit pas en l'air mais à terre.
Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois.
Le ciel n'a pas deux soleils, le peuple n'a pas deux souverains.
Le coassement des grenouilles n'empêche pas l'éléphant de boire.
Le cri de détresse d'un seul gouverné ne vient pas à bout du tambour.
Le destin souffle sans soufflet de forge.
Le feu qui te brûlera, c'est celui auquel tu te chauffes.
Le jour éloigné existe mais celui qui ne viendra pas n'existe pas.
L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent.
Le lieu où on attend la mort n'a pas besoin d'être vaste.
Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.
Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas.
L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli.
Les bonheurs n'ont pas de campements rapprochés.
Les condoléances ne ressuscitent pas le défunt mais elles entretiennent la confiance entre ceux qui restent.
Le singe n'abandonne pas sa queue, qu'il tient soit de son père, soit de sa mère.
Le singe ne voit pas la bosse qu'il a sur le front.
Les marques du fouet disparaissent, la trace des injures, jamais.
L'espoir est le pilier du monde.
Le veau ne perd pas sa mère même dans l'obscurité.
Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau.
L'herbe ne pousse jamais sur la route où tout le monde passe.
L'oeuf ne danse pas avec la pierre.
L'oiseau qui chante ne sait pas faire son nid.
Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens.
Marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane.
Mouche du roi est roi.
On dit que la mort est préférable à la honte, mais il faut rapidement ajouter que si la honte porte des fruits, la mort n'en porte pas.
On est plus le fils de son époque que le fils de son père.
On ne met pas les vaches dans tous les parcs que l'esprit construit.
On ne prend pas un hippopotame avec un hameçon.
On n'oublie pas l'arbuste derrière lequel on s'est caché quand on a tiré sur un éléphant et qu'on l'a touché.
On tarde à grandir, on ne tarde pas à mourir.
Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village.
Quand deux esclaves se rencontrent, ils disent du mal de la liberté.
Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit.
Quand l'éléphant trébuche, ce sont les fourmis qui en pâtissent.
Quand les poules de la basse-cour deviennent trop nombreuses autour du mortier et harcèlent les pileuses, celles-ci suspendent leur action.
Quand on se couche à deux, on se réveille à trois.
Quand un arbre tombe, on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit.
Quand un homme, la corde au cou, passe près d'un homme tué, il change de démarche et rend grâce à Jah du sort que le Tout-Puissant lui a réservé.
Que celui qui n'a pas traversé ne se moque pas de celui qui s'est noyé.
Que personne ne se hâte de voir le jour où tous ses parents et leurs familles feront un éloge.
Qui est souvent à la cour du roi, finit toujours par trahir ses amis.
Qui va loin revient près...
Qui vit longtemps voit la danse de la colombe.
Si en te baignant tu as échappé au crocodile, prends garde au léopard sur la berge.
Si haut que parvienne une chose lancée, c'est à terre qu'elle retourne.
Si la petite souris abandonne le sentier de ses pères, les pointes de chiendent lui crèvent les yeux.
Si le crocodile achète un pantalon, c'est qu'il a trouvé où mettre sa queue.
Si le puissant mange un caméléon, on dit que c'est pour se soigner, c'est un médicament. Si le pauvre en mange, on l'accuse de gourmandise.
Si le rat a mis une culotte, ce sont les chats qui l'ôtent.
Si tu portes un vieillard depuis l'aube et que le soir tu le traînes, il ne se souvient que d'avoir été traîné.
Si tu supportes la fumée, tu te réchaufferas avec la braise.
Si tu vois une chèvre dans le repaire d'un lion, aie peur d'elle.
Si un animal vous dit qu'il peut parler, il ment probablement.
Si un petit arbre est sorti de terre sous un baobab, il meurt arbrisseau.
Sur quelque arbre que ton père soit monté, si tu ne peux grimper, mets au moins la main sur le tronc.
Tous les blancs ont une montre, mais ils n'ont jamais le temps.
Toute flèche dont tu sais qu'elle ne te manquera pas : fais seulement saillir ton ventre pour qu'elle y frappe en plein.
Un acacia ne tombe pas à la volonté d'une chèvre maigre qui convoite ses fruits.
Une calebasse pleine de lait s'eloigne toujours de la bagarre entre gourdins.
Un énorme éléphant n'a pas toujours d'énormes défenses.
Une petite colline te fait arriver à une grande.
Une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer.
Un seul chagrin ne déchire pas le ventre en une seule fois.
Un veillard qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle.
KfG.
"Africa"